Penser la plateforme Uber au prisme de l’épistémologie de la communication organisationnelle

Cet article examine la plateforme Uber sous l’angle des théories de la communication organisationnelle, en la considérant comme une nouvelle forme d’organisation marquée par une logique managériale hyper-rationnelle et une forte dimension technologique. Les auteures, Sylvie Parrini-Alemanno et Salma El Bourkadi, s’appuient sur deux approches théoriques – la Communication Constitutive des Organisations (CCO) et les Approches Communicationnelles des Organisations (ACO) – pour analyser les processus info-communicationnels qui structurent Uber. À travers des entretiens semi-directifs (récits de vie) avec des chauffeurs, elles montrent que la plateforme repose sur un contrôle algorithmique strict, réduisant l’autonomie des travailleurs au profit d’une gestion automatisée. Uber fonctionne ainsi comme un médiateur technologique dominant, où les interactions humaines sont marginalisées par des logiques data-driven. Cette hyper-rationalisation, bien qu’efficace d’un point de vue organisationnel, soulève des questions sur la précarisation et l’isolement des chauffeurs. L’étude met en lumière les tensions entre la dimension constitutive de la communication (CCO) et les contraintes imposées par les dispositifs techniques (ACO), offrant une réflexion critique sur l’évolution du travail à l’ère des plateformes numériques.
Parrini-Alemanno, S., & El Bourkadi, S. (2023). Penser la plateforme Uber au prisme de l’épistémologie de la communication organisationnelle. Communication et Management : Revue internationale des sciences commerciales, 201, 103-118. https://doi.org/10.3917/comma.201.0103